L’éolien terrestre tourne au ralenti

SOS éoliennes en détresse

SOS éoliennes en détresse

SOS éoliennes en détresse
Des milliers d'éoliennes ne tournent plus outre-Atlantique. Une autre preuve que les énergies renouvelables peinent à s'imposer aux États-Unis

Plus de quatorze mille turbines se meurent outre-Atlantique. Dans l’indifférence générale.

 

D’accord, Barack Obama – mais comment aurait-il pu en être autrement ? – n’a pas fait pire que son prédécesseur en matière de protection de l’environnement. Il est vrai que le locataire de la Maison Blanche n’appartient pas à ce camp républicain qui ne jure que par les énergies fossiles, envers et contre toute raison écologique. Par habitude, par dogme, parce qu’il réfute le réchauffement climatique. Encore que cette conviction pourrait finir par être ébranlée étant donné la sécheresse qui frappe actuellement la future ex-première puissance économique mondiale…

S’il a sa part de responsabilité dans l’échec criant du sommet climatique de Copenhague (Danemark) et dans ceux, plus relatifs, de Cancun (Mexique) et de Durban (Afrique du Sud) – il a aussi boudé celui de Rio+20 (Brésil), qui n’a pas non plus été une franche réussite -, le chef de l’exécutif américain, disions-nous, n’est pas resté les bras ballants sur le plan écologique, accordant des subventions assez généreuses à de nombreux projets durables, à tout le moins jusqu’aux élections de mi-mandat. Durant son quadriennat, les énergies solaire et éolienne se sont incontestablement développées, mais ce constat se doit d’être relativisé.

Un mauvais signal pour le futur des énergies renouvelables

Parallèlement, des parcs à turbines entiers sont en effet laissés à l’abandon. L’énergie éolienne, quoique propre et renouvelable par définition, ne dispose il est vrai pas du même capital production que leurs homologues primaires. Les turbines sont de surcroît tributaires des conditions météorologiques et ne peuvent pas fonctionner tous les jours. Parfois, il fait trop froid. Parfois, quand il souffle, la vitesse du vent n’est pas suffisamment élevée… Et puis cette énergie demeure coûteuse, même si, dans son cas aussi, la standardisation amène nécessairement une réduction des tarifs. Last but not least, le mouvement des pales tue régulièrement des oiseaux migrateurs, d’où par extension des dommages non négligeables sur la biodiversité.

Au total, quelque quatorze mille éoliennes sont aujourd’hui abandonnées de l’autre côté de l’Atlantique, sans que même les écologistes locaux ne s’en offusquent. C’est frappant dans l’archipel d’Hawaï, mais également en Californie, laquelle fait pourtant office de « laboratoire vert » des États-Unis et où, d’une façon générale, les énergies renouvelables se développent plus vite qu’ailleurs dans le pays de l’Oncle Sam.

Sauf que les zones propices à l’installation de parcs éoliens sont aussi, encore une fois, celles où sont établies de nombreuses espèces d’oiseaux migrateurs, mais également de proie. C’est une autre raison de ce phénomène qui donne à penser que la perte de l’hégémonie des énergies polluantes n’est pas pour demain.

Ces parcs pourraient-ils ressusciter dans un futur proche ? Le phénomène peut-il se propager à d’autres contrées hors des frontières américaines ? Il ne présage en tout cas rien de bon pour l’avenir de l’énergie éolienne à long terme.

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